Manifeste de la Fête du Slip


01
La Fête du Slip envisage une approche positive et festive des sexualités. Le sexe sert à prendre du plaisir, prenons-le bien ! Il y a trois éléments à prendre au sérieux dans les sexualités : le consentement, la santé et la procréation éventuelle résultant de certaines combinaisons génitales. Toutes les déclarations suivantes s’appuient sur ces trois fondements.

02
Il n’y a pas de façon plus ou moins juste ou valable de pratiquer le sexe. Chacun/e choisit celle qui lui convient. On ne peut pas avoir trop de sexe, ni pas assez. On ne peut pas avoir trop de partenaires, ni pas assez. Il n’y a pas de type de partenaire plus valable qu’un autre. La possibilité ou non de la procréation n’est pas un critère de validité ni de moralité d’une relation sexuelle.

03
Il n’y aucune limite à la créativité humaine et aux possibilités d’identités et de sexualités différentes.

04
Le genre n’a d’importance que celle qu’on lui donne. Le genre est ce que chacun/e veut qu’il soit. La biologie humaine présente une telle diversité qu’un simple concept binaire homme-femme ne peut être que réducteur et inadéquat. Le genre est un sex-toy.

05
Tous les corps sont valables, qu’on les trouve beaux ou vilains. La santé n’est pas un critère d’un corps juste ou faux. La modification du corps n’est pas non plus un critére de validité ni de moralité des corps, quelle que soit l’envergure de la transformation.

06
Tous les choix vestimentaires sont valables, le reste est une question de goût et d’esthétique. Il n’y aucune façon de se vêtir, ni encore moins un degré d’absence de vêtements qui n’exprime d’une quelconque manière un consentement implicite.

07
Le plus grand obstacle à une approche saine des sexualités c’est le tabou, la censure et la pudibonderie. On ne peut pas trop parler de sexe, ni trop en détail. Le sexe concerne tout le monde. L’expression culturelle des sexualités est incontournable et importante. La FDS la souhaite participative, libre et collective plutôt qu’exploitante, normative et élitiste.

08
Le regard proposé par la mise en scène des corps et des sexualités est un enjeu essentiel à prendre en compte. La FDS cherche à mettre en valeur une pluralité d’expressions culturelles des sexualités, au delà de la surreprésentation de l’audio-visuel et du regard masculin.

09
Le sexe n’est jamais obscène en soi. C’est la violence, la haine, l’abus, la déshumanisation et l’exploitation qui sont obscènes. La création d’une alternative à l’industrie pornographique destructive est essentielle.

10
Le travail sexuel, c’est du travail.

11
Chaque personne jouit fondamentalement d’un droit inaliénable à l’autonomie corporelle.

12
Aucune des déclarations ci-dessus ne décrit la réalité de la majorité des humains quant à leur expérience pratique des sexualités et des rapports de genre. Nous reconnaissons le privilège qu’elles impliquent. Le rapport négatif de ces expressions avec la réalité sociale implique une résistance à la fois nécessaire et inéluctable. Cela demande aussi le respect, la conscience et l’humilité face aux personnes qui n’ont pas le luxe d’accéder à toutes les facettes de la positivité sexuelle.

13
La création de l’alternative est le fondement positif de la résistance. La célébration de l’alternative en est la reproduction actualisée.

14
Il ne s’agit pas de mettre en place une nouvelle moralité. Ce manifeste exprime le fondement d’une éthique minimale pratique qui est la nôtre aujourd’hui et n’est valable que pour nous ici et maintenant. Toutes celles et ceux qui se l’approprient n’ont de comptes à rendre qu’à eux-mêmes.